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Thiers

La variété de la production coutelière au cours des temps :

La coutellerie est un terme générique recouvrant des articles variés ayant en commun leur action tranchante sur la matière. Il s’agit de la cisellerie, de la fabrication des rasoirs, de la taillanderie, de la fabrication des couteaux proprement dits.
Ciseaux :
Beaucoup d’articles sont à destination professionnelle. Il en est ainsi des tailleurs, des drapiers, des lingères, des maquignons, des coiffeurs, des vendangeurs… qui ont chacun leurs ciseaux particuliers. Il en est d’autres qui sont destinés aux femmes en général dans leurs travaux de couture, broderie, ravaudage. Plus récemment se sont développés les ciseaux à ongles pour bébés et les " bouts ronds " pour les écoliers.

Rasoirs :
Les rasoirs étaient vendus aux coiffeurs professionnels ou occasionnels, aux barbiers et aux particuliers. Plus tard, la lame de rasoir a détrôné le rasoir proprement dit (vers 1950 environ).

Taillanderie :
La menuiserie (ciseaux ; bédanes…), le travail du métal (burins, limes), les paysans (forces à tondre, lames à saigner), les planteurs de canne à sucre des colonies (coupe-coupe, saladeros) requéraient les fabrications thiernoises au XIX° siècle, soit un marché d’envergure mondiale ! Les machines-outils, les disques à trancher etc. ont relégué ce genre de production au catalogue de l’oubli, sauf les machettes qui continuent à s’exporter dans les pays tropicaux.

Coutellerie de table :
La coutellerie de table, invention princière, se démocratise au XIX° siècle et XX° siècle, avec l’apparition de la salle à manger. Couteau de table, couteau à dessert, couteau à poisson, cuillers et fourchettes de tous calibres et pour toutes occasions, les arts de la table sont une production à la fois de luxe et commune qui s’adapte au temps (on parle de style) ou aux modes (on parle de tendances).

Coutellerie professionnelle :
Les couteaux de cuisine continuent de s’exporter dans le monde entier, portés par le renom de la gastronomie française et par la forte médiatisation qui en est faite. Tous ces métiers de bouche bénéficient donc de couteaux spécifiques (" boucher ", " de chef ", " à désosser ", " filet de sole " etc.) dont les matériaux ont évolué en fonction des critères d’hygiène demandés : acier inoxydable pour les lames, nylon surmoulé pour les manches. Les restaurateurs, traiteurs, bouchers, charcutiers, poissonniers, écaillers, cuisiniers de collectivité, etc. sont les clients de cette branche professionnelle.

Coutellerie fermante :
Avoir un couteau dans sa poche ou dans son devantier était pour le paysan et la paysanne une nécessité de tous les instants. Chaque région française avait su créer un modèle particulier : le savoyard, le laguiole, le montpellier, le nontron, le pradel. Si ce besoin d’avoir un couteau pliant sur soi a pu passer de mode pendant une génération (de 1950 à 1980 environ), la population actuelle redécouvre le plaisir d’un couteau à tout faire, qu’il soit simple Opinel ou Capucin, ou couteau de chasse, petit canif de collection, nouveau couteau régional (le Thiers®, le Méditerranée®, le Dauphinois®..).

La diversification industrielle au XX° siècle :
Si le secteur coutelier semble l’emporter au XIX° siècle et au début du XX° - par rapport aux activités qui déclinent : la papeterie par exemple - d’autres secteurs industriels font leur apparition.

Le travail des métaux reste prépondérant. La forge produit des couteaux et des couverts, des ciseaux, mais aussi des pièces pour l’automobile (bielles, paliers), pour l’accastillage de marine (mousquets, manilles), pour la chirurgie de pointe (prothèse de hanche en alliage de titane) etc.

Le décolletage, la petite mécanique, la fabrication d’outils tranchants (autres que couteaux), la platerie inox et l’orfèvrerie inox sont autant de diversifications du bassin coutelier thiernois.

Le travail de la corne, mais aussi d’autres matériaux synthétiques de la Belle Epoque (galalithe, bakélite, celluloïd) a créé une tradition de moulage à chaud.

Les matières plastiques qui aujourd’hui entrent dans la composition des manches de couteau servent aussi à mouler des chaussures, des contenants divers, des embouts etc.

La papeterie et la gainerie ont trouvé une reconversion prometteuse dans l’emballage (en carton, en paraffine, en plastique), dans le conditionnement en général de tous articles et dans les articles de classement (archives, classeurs, trieurs, bureautique).